Cesse d'être occupée

Chère et précieuse toi, bonjour !


C’est déjà le mois d’août! Youhou! les vacances! Tu fais partie de la team juilletiste ou la team aoutien ? Pour ma part, cette année sera une année blanche, sans vacances. La rentrée s’annonce chargée et animée, je profite donc du calme de l’été pour faire le travail de préparation qui permettra à cette rentrée de se dérouler avec le moins d’anicroche possible.

Même si je vais passer un été chargé, je me suis dit qu’il n’y avait pas meilleur moment dans l’année pour parler de notre thème de ce mois : Mieux vivre les périodes d'inactivité.



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Oui, j’ai une histoire plutôt compliquée avec les périodes d’inactivité, et je me suis dit que c’est peut-être ton cas ou le cas d’une personne autour de toi, d’où l’idée de partager avec toi sur ce sujet.


Commençons par une définition du terme inactivité pour être sûre que nous parlerons de la même chose. L’inactivité se définit comme une absence d'activité, le fait de ne pas agir, ne rien faire, ne pas s'occuper de quelque manière que ce soit. Quelques synonymes du terme sont : immobilité, oisiveté, non-activité.


Pendant longtemps, le fait de rester inactive me posait un sérieux problème. J’ai entendu toute mon enfance que je devais “faire des choses”. Du coup, ne pas “faire” quelque chose était synonyme pour moi d’être paresseuse, ce qui bien sûr est une mauvaise chose! Est-ce que tu as déjà entendu des phrases comme celles-ci “tu dors ta vie dort” ou encore “le monde appartient à ceux qui se lève tôt” ? Ça indique la valeur accordée au fait d’être actif dans ma culture.

Pour ma part, mes activités favorites dans ma jeunesse ne demandaient pas beaucoup d’effort : lire les romans à l’eau de rose, regarder la télé, dormir!!!!! (Je me demandais même si c’était possible de gagner sa vie en pratiquant ces activités🤣). #NaissancedunComplexe.


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Quand je suis arrivée en France, j’ai découvert qu’il était très bien vu d’être toujours occupé, d’avoir toujours quelque chose au programme, après les cours, après le travail, le week-end… Le repas à la cantine le midi était folklorique pour moi (en plus j’étais muette comme une carpe tellement j’avais peur de parler en public) : mes collègues étaient tout le temps en voyage, tout le temps en sortie au restaurant, au musée, avec des potes, au zoo, au café, etc. Bref, jamais ils ne restaient chez eux à ne rien faire. J’avais l’impression que ne rien faire signifiait qu’on n’a pas de vie, qu’on est un “nobod” (mis pour “nobody”, c’est à dire sans amis, ni relation), que ta vie est ennuyeuse #ConsolidationDuComplexe


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D’ailleurs ceux qui choisissaient d’être inactifs utilisaient le terme “glander”, qui a une connotation négative (perdre son temps). Un peu comme si on avait tort d’être inactif mais on assume d’avoir mal fait. C’était souvent mon cas 😅


Mais un jour, j’écoutais une dame d’un certain âge, pleine de sagesse, et elle a dit ceci : “Cessez d’être occupés, soyez productifs”.

Ça m'a fait un choc. Il n’y a pas eu de gros changement suite à ce choc, mais cette phrase est restée gravée dans ma mémoire et souvent, je me posais la question : quelle est la différence ? si je suis occupée à réaliser des choses (au travail, à la maison, etc.) est-ce que je suis productive ? etc.


Beaucoup de temps a passé depuis cette époque et je vais t’épargner les détails de ma réflexion pour arriver directement à ce qu’il en est aujourd’hui.

Déjà, nous faisons un constat : les gens sont occupés, ont des agendas chargés, et se considèrent probablement comme “productifs” parce qu’ils réalisent des choses… mais en parallèle, on parle de plus en plus de maladies liées aux stress: le burn-out est devenu courant dans le monde du travail, la charge mentale a aussi choisi de sortir de l’ombre, les cas de dépression ne cessent d’augmenter d’année en année. Ça signifie donc que quelque part, nos nombreuses occupations au mieux ne nous font pas du bien et au pire nous font du mal...


Et si nous essayions de les aligner avec qui nous sommes, de prendre des engagements en réalisant quel sens nous leur donnons et en étant en accord avec nous-même, si nous travaillions à maintenir l’équilibre entre activité et inactivité, que se passerait-il à la fois pour notre productivité et notre santé ?


Tu me diras peut-être que je ramène tous les sujets au fait de se connaître, de connaître son identité. C’est tout simplement parce que je crois profondément que plus on se connaît, plus on s’apprécie, plus on se respecte et moins on s’inflige certaines choses, ou laissons les autres/la société nous infliger certains traitements.


Quand on regarde la physionomie de l’être humain, il est évident que nous n’avons pas été créés pour ne rien faire du tout. Notre corps à besoin de bouger, notre cerveau à besoin d’être stimulé, nous avons besoin d’être en mouvement.

À contrario, si nous sommes dans l’excès et qu’en plus les activités ne contribuent pas à notre épanouissement (elles servent peut-être d’exutoire, de compensateur, …), alors notre corps nous le signale en émettant des signaux (maux, malaises, etc.).


Comment faire pour trouver l’équilibre ?

  • Réajuste ton vocabulaire : activité ne veut pas dire productivité. Inactivité ne veut pas dire paresse. Le repos demande parfois d’être inactif, ça reste toutefois hautement productif!

  • Apprends à te connaître : te connaître va t’aider à comprendre comment tu fonctionnes, ce que tu apprécies, ce qui te demande plus d’énergie, ce qui contribue le plus à ton épanouissement, ce que tu peux faire du matin au soir sans te fatiguer et être toujours au top, comment tu recharges tes batteries, etc…

  • Fais le ménage : pas dans ta maison, mais dans ton agenda. Que ce soit progressif ou d’un coup, priorise 2 types d’activités : celles qui te permettent de t’épanouir et le repos!


J’aimerais terminer sur un des conseils qui m’a le plus marqué dans toute ma vie et que je donne tout le temps aux personnes avec qui je discute : Surtout ne culpabilise pas.

Peu importe où tu en es, ce que tu as fait ou vas faire… Ça fait peut-être une semaine que tu passes le plus clair de ton temps couché, ou assis devant la télé, ou à t’adonner à des loisirs qui te demandent un minimum d’effort. Peu importe la situation dans laquelle tu es, SURTOUT NE CULPABILISE PAS. C’est l’un des meilleurs moyens de rester coincé dans cet état. Au contraire, accepte que c’est peut-être ce dont tu as besoin pour le moment. Sois à l’écoute de ton corps, de tes émotions, de ta voix intérieure et, quand tu auras compris pourquoi tu es dans cet état, tu pourras réfléchir à des choses à mettre en place pour en sortir progressivement, peut-être lentement mais sûrement. L’inactivité n’est pas notre ennemie. Au mieux elle est productive (le repos) et au pire elle est un message (de notre être intérieur).


Avec amour,

Anaïs.


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